vendredi 24 janvier 2025

Mon avis sur "La petite famille" d'Ishmael Beah

Originaire de Sierra Leone,  Ishmael Beah  a été enfant soldat, avant de rejoindre en 1998 les Etats-Unis grâce à une famille américaine qui l'a adopté. Après de brillantes études universitaires, il s’est fait connaître grâce à son autobiographie, traduite dans plus de quarante langues, où il racontait son passé d’enfant soldat (Le Chemin parcouru, mémoires d'un enfant soldat). Aujourd’hui ambassadeur pour l’Unicef et membre engagé de Human Rights Watch, il intervient à travers le monde pour défendre les enfants victimes de la guerre. La petite famille (Albin Michel) est son dernier roman. Lu dans le cadre de mon adhésion au cercle de lecture de la Bibliothèque Orange.

Dans un pays d’Afrique qui n’est jamais nommé, cinq orphelins s’improvisent un foyer dans une carcasse d’avion abandonnée, relique du chaos et de la guerre qui a ensanglanté la région, et élèvent la survie au rang d’art, subsistant grâce à de menus larcins et des missions douteuses. Mais l’équilibre de cette «petite famille» est sérieusement ébranlé lorsque leur aîné, Elimane, fait la connaissance d’un mystérieux protecteur et que la jeune et franche Khoudiemata se laisse envoûter par les gens des beaux quartiers et leurs habitants fortunés... 

Ils sont cinq. Deux filles, trois garçons et forment une petite famille. Dans un pays dévasté par la faim et la corruption, leur préoccupation quotidienne est de survivre. Pour ce faire, ils ont développé ruses et techniques qui les rendent hypersensibles au moindre frémissement de la foule, à tout éventuel danger. Lorsqu'ils évoluent en dehors de leur repaire, rien de permet de remarquer que ces cinq là sont liés comme les cinq doigts d'une main. Ils ont développé un langage non verbal, des codes et maitrisent à la perfection le langage de la rue. Elimane est l'intellectuel du groupe, il aime lire et a toujours un livre sur lui. Ce signe distinctif va provoquer une rencontre inattendue et changer son quotidien, puis celui du groupe. Quant à Khoudiemata, elle va prendre conscience de sa beauté, mesurer son impact dans ce milieu où l'argent règne en maître et qui va la détourner un temps de leur carlingue. 

C'est à hauteur de ces orphelins livrés à eux-mêmes, à travers leur  quotidien, leur quête de survie, que l'auteur, Ishmael Beah,  magnifique conteur, fait entendre la voix des plus vulnérables. Il apporte un témoignage de ce qu'est la réalité de la vie de ces enfants africains et pose sur eux un regard empli de tendresse et d'empathie. La petite famille est un roman de l'instant. Du passé des protagonistes, on ne sait pas grand chose, de leur avenir, on le devine incertain. Sans pathos l'auteur nous transporte au sein de ce clan à l'intelligence sensible, celle qui permet d'organiser sa survie, qui rend les épreuves supportables et qui ouvre le champ des possibles. La petite famille est un roman touchant qui se dévore. Un conseil, ne passez pas à côté !

Belle lecture !

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