jeudi 4 mai 2017

Mon avis sur "Nous rêvions juste de liberté" d'Henri Lœvenbruck

Toute personne qui lit s'est déjà posé cette question. Pourquoi lire ? Pour y répondre, certains en ont fait des livres. Paradoxal, non ? D'autres ont affirmé que lire ne servait à rien, c'est bien pour cela que c'est une grande chose. Et bien moi, je sais pourquoi je lis.
Je lis pour vivre ce que je viens de vivre. Je lis pour prendre une bonne claque (littéraire, bien sûr !). Et justement, je viens de m'en prendre une magistrale. Une qui m'a renversée. Et c'est Bohem qui me l'a filée, enfin, Henri Lœvenbruck. Bohem c'est le héros de Nous rêvions juste de liberté. Assez parlé, je vous le présente sans plus tarder.

"Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté." Ce rêve, la bande d’Hugo, dit Bohem, va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher.
Volontairement, je m'en tiendrai à la quatrième de couverture pour ne pas spoiler l'intrigue et surtout  parce que l'essentiel est ailleurs. Et cet ailleurs se trouve justement dans ce putain de bouquin. Autant vous prévenir de suite, à peine ouvert, Henri Lœvenbruck emprisonne le lecteur dans son univers. Adieu liberté chérie. Encore un sacré paradoxe ! 

Et oui, de la première à la dernière page, la terre peut bien s'arrêter de tourner, on s'en fout puisqu'on est avec Freddy, Hugo, Oscar et Alex. Quatre mauvais garçons au cœur immense qui ne rêvent que de liberté. Ils en rêvent à en crever. Alors plutôt que de croupir dans leur trou à rats, ils préféreront enfourcher leur moto, enquiller les miles et tracer la route en meute. Fini les contraintes, à eux la liberté. Dès lors, c'est cheveux au vent, le cœur léger, libéré de toutes obligations que nous suivons cette bande de potes. Les aventures, les larcins, les rencontres, les bagarres s'enchaînent. L'alcool coule à flot, les joints et la coke circulent librement, tout comme les filles. 
La liberté serait-elle synonyme de débauche ? N'allez pas croire que ces garçons ne sont dotés d'aucune morale, ils en ont une. Une bien à eux. Leur devise : Loyauté, Honneur, Respect. Et cette devise ils vont l'honorer au sein de leur clan de motards, les Spitfires. Il y a ceux qui la respecteront au pied de la lettre en toutes circonstances et ceux qui peu à peu s'en éloigneront jusqu'à trahir. 

Nous rêvions juste de liberté est un road-movie initiatique riche en émotions et en aventures. C'est une ode à la liberté, à la fraternité, à la vie. Bon sang que l'on se sent vivant avec cette bande. C'est au son des Rolling Stones, de Led Zep, de Queens ou de The Doors que le moteur de leur chooper  vrombit, que leur pot d'échappement chante potato potato, que l'asphalte glisse sous les roues et que les paysages défilent. Qu'il est bon de voyager avec Bohem. On s'accroche à lui comme à la vie avec la furieuse envie de ne jamais le quitter. 

Je vous le dis, il est impossible de rester insensible à l'histoire de Bohem, impossible de ne pas être touché en plein cœur. On sort de cette lecture tout ébouriffé, les yeux rougis, le souffle court.
Je vous le dis, ce livre m'a percutée. Il est de ceux que l'on attend, de ceux qui marquent à vie et que l'on n'oubliera jamais même quand on sera vieux et atteint d'Alzheimer. Tiens, on pourra même mourir qu'on s'en souviendra encore. On l'emportera dans l'au-delà et on le relira indéfiniment ! Oui, Bohem est à jamais ancré en moi.
  
Allez, un dernier coup de kick pour Henri Lœvenbruck. 
Henri, pardonnez-moi, mes mots ne sont pas à la hauteur de votre plume, de votre magistral roman. Je voudrai tant vous  rendre cette claque, mais je n'ai pas votre talent. Tout se bouscule, les mots se cognent, je n'arrive pas à coucher mes émotions sur cette page, c'est dire combien vous m'avez bouleversée. Nous rêvions juste de liberté, vous nous l'avez magnifiquement offerte.
MERCI Henri, vraiment !

Et vous autres, vous qui ne savez pas encore ce qu'est la liberté, lâchez tout. Venez faire rugir le moteur qui sommeille en vous. Lisez ce roman culte qui nous rappelle Easy Rider, la route de Kerouac, de Salinger ou de Steinbeck. Mais un conseil, dépêchez-vous, il est en cours d'adaptation et il serait vraiment dommage de ne pas l'avoir lu avant de le voir et si l'adaptation est bonne, de le revoir.

Très belle lecture !