dimanche 28 mai 2017

Mon avis sur "Block 46" de Johana Gustawsson

Son nom a beau avoir des sonorités nordiques, Johana Gustawsson est bel et bien française et vient compléter la longue liste d'auteurs de thriller. Block 46 est son premier roman et nous embarque entre l'Allemagne de la Seconde guerre mondiale et Londres d'aujourd'hui.

Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie...
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Simon Lagunas est le grand-père de Johana Gustawsson. Le 11 avril 1945, il a été libéré du camp de Buchenwald. C'est en mémoire des quarante-six mille victimes, des survivants et pour que plus jamais ces atrocités ne se reproduisent que l'auteure a souhaité évoquer cette époque tragique de la déportation dans Block 46.  Elle mêle les époques et les lieux, utilise subtilement les flash-back pour nous emporter du Londres contemporain au cœur du Block 46. Elle décrit avec justesse et réalisme les sévices perpétrés dans ces lieux et s'il en était encore besoin, nous prenons la mesure de toutes les horreurs dont l'être humain est capable.

Outre cet aspect touchant du roman et qui fait sens, le début de ma lecture a été laborieux. Le rythme est lent, les personnages ne sont de mon point de vue, pas assez marqués. On a du mal à les identifier. De ce fait, il est difficile de rentrer dans l'histoire. Puis doucement l'intrigue se met en place. On parvient alors à faire le lien entre passé et présent, on assiste impuissant aux scènes atroces du Block 46 pour finalement se laisser surprendre par une fin insoupçonnable.

Et quand vient le temps de définitivement reposer ce thriller, même s'il ne nous laissera pas un souvenir impérissable, on ne peut qu'être admiratif du cheminement de l'auteure et de son travail de recherche qui rend la description des scènes d'atrocités si réelles.  On referme Block 46 en se disant que pour un premier roman, c'est déjà pas si mal.

Bonne lecture !