mercredi 22 mars 2017

Mon avis sur "Il était une lettre" de Kathryn Hughes

Éditer un livre à l'ère du numérique et de l'Internet devient presque un jeu d'enfant... Et si par bonheur, le public est au rendez-vous, alors vous avez de grandes chances d'être en tête des ventes. C'est exactement ce qui est arrivé à Kathryn Hughes. Il était une lettre, son premier roman, auto-édité début 2015, a remporté un succès immédiat et s’est retrouvé numéro un des ventes en Angleterre. Il faut bien reconnaître qu'il est captivant... 

Deux femmes, deux destins qui finiront par se croiser grâce à une lettre.
Tina est mariée à un homme un peu trop porté sur la boisson et trop souvent violent. Le week-end, pour échapper à son emprise, elle est bénévole dans une boutique caritative. Sa vie va basculer lorsqu'elle découvrira dans la poche d'un vieux costume,
une lettre qui n'a jamais été ouverte. Elle date de septembre 1939. C'est une demande en mariage. Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu ce courrier, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible entre Chrissie et Billy. La guerre privera Chrissie de son grand amour. Enceinte elle devra, seule, faire face à cet honteux secret qui finira par faire exploser sa cellule familiale. Alors même qu'elle poursuit ses recherches, Tina découvre qu’elle est enceinte. Cette coïncidence va finalement la pousser à redonner du sens à sa vie.

Il était une lettre est ce genre de roman qui dès les premières pages vous propulse dans une Angleterre des  années 70. Bienvenue à Manchester dans l'univers glauque de Tina, maltraitée par son mari alcoolique et maladivement jaloux. Il était une lettre restitue avec puissance la manipulation, mais également le poids des conventions et le carcan de la religion. Les ambiances des deux époques (fin des années 30 et début 70) et l'environnement oppressant dans lequel évoluent les deux héroïnes sont parfaitement restitués. L'une subit l'emprise psychologique de son mari, l'autre la dictature d'un père qui préférera renier sa fille et l'envoyer en Irlande au déshonneur.

L’écriture de Kathryn Hughes est simple et agréable, elle ne comporte aucune fioriture, ce qui n'empêche pas l'émotion. La condition féminine, la maltraitance faite aux femmes, la quête d'identité, l'addiction, le poids des conventions et de la religion... sont autant de sujets subtilement abordés, des sujets qui demeurent d'actualité. 

Il était une lettre est un récit passionnant et émouvant du destin de deux femmes. Une fois débuté, il devient impossible de lâcher ce roman, il est de ceux que l'on regrette d'avoir terminé un peu trop vite...

Belle lecture !