jeudi 9 février 2017

Mon avis sur "Danser au bord de l'abîme" de Grégoire Delacourt

Seul celui qui n'a jamais lu Grégoire Delacourt, ignore son infortune. Présenter Grégoire Delacourt comme l'auteur du best-seller La liste de mes envies, serait réellement réducteur. S'il est vrai que ce roman s'est vendu à plus de 400.000 exemplaires, Grégoire Delacourt est surtout de ceux qui ont une plume enivrante. Il manie les mots comme peu savent le faire. Son dernier roman, Danser au bord de l'abîme le confirme.

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie lilloise. Aussitôt, elle sait. Mais que sait-elle donc qu'on ne devine déjà ?  
Danser au bord de l'abîme serait-il une simple histoire d’adultère comme il en existe tant d'autres ? Si le postulat de départ a un avant goût de déjà lu, il est immédiatement occulté. Le coup de foudre, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, n'est en réalité que prétexte pour plonger dans les tréfonds de l'âme tourmentée d'Emma et valser avec elle. Une valse à trois temps. Le temps des ravages du désir, celui de l'abandon, de la douloureuse solitude et enfin celui du pardon, de la rémission. Une valse à trois temps en résonance à la nouvelle d'Alphonse Daudet, La chèvre de monsieur Seguin.
"Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d'autres qui vous rendent jolie"
Danser au bord de l'abîme est un roman vertigineux. La plume délicatement subtile, juste et sensuelle de Grégoire Delacourt permet d'explorer les émotions d'une femme confortablement heureuse mais qui n'est pas épanouie. La vision de la bouche d'un homme révèlera ce manque, cet abîme qui la fera chavirer et nous avec. L'amour fulgurant n'aura jamais été aussi bien disséqué, le chaos intérieur jamais aussi bien décrit. Deux mains s'approchent l'une de l'autre, des doigts s'entremêlent et tout devient sensualité.
"Je crois que l'on trébuche amoureux à cause d'une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée."
Danser au bord de l'abîme met en exergue la puissance du désir, la fragilité de nos existences. Un conseil, entrez dans la danse ! 
 
Belle lecture !