dimanche 30 octobre 2016

Mon avis sur "Comment tu parles de ton père" de Joann Sfar

Dessinateur, scénariste, réalisateur, auteur, Joann Sfar a plus d'une corde à son arc. Serait-il boulimique ou aurait-il besoin de combler un vide pour être aimé ? C'est à l'occasion du décès de son père couplé de sa séparation avec la mère de ses enfants, que Joann Sfar temporairement incapable de dessiner, a ressenti le besoin de se dévoiler et de lever le voile sur son enfance. Il a convoqué l'enfant qu'il a été et ses souvenirs qu'il a consignés dans un récit tout simple tantôt tendre, tantôt dur, souvent touchant et drôle, Comment tu parles de ton père.

André Sfar, le père de Joann est né "l’année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933". Juif pratiquant, il a commencé par porter des caisses de bonbons dans les usines avant de devenir un brillant avocat engagé dans la lutte contre le néo-nazisme tout en défendant des putes, puis des truands, et enfin des banques.  Il était bagarreur doublé d'un grand séducteur qui se tapait toute la Côte d'Azur. Son agonie aura duré huit jours. Joann Sfar a voulu lui rendre un hommage sincère et sans concession. Il évoque également sa mère décédée alors qu'il n'avait que trois ans ainsi que son grand-père maternel, cet homme qui lui a révélé la vérité. Non sa mère n'était pas en voyage, elle était bel et bien morte. 

Orphelin de père et de mère, Joann Sfar a ressenti le besoin de libérer ses émotions en consignant par écrit ses pensées et ses souvenirs d'enfance. Puis, prenant conscience que son deuil était  finalement universel, il a décidé de publier un roman autobiographique et picaresque d'une famille peu ordinaire. Comment tu parles de ton père est un récit un poil brouillon, intime mêlant émotion, humour et autodérision. Bien que tout le monde n'ait pas eu la chance d'avoir un père comme André Sfar, ce roman ne m'a néanmoins pas transportée, certainement parce que l'écriture de Joann Sfar est très différente de ses précédents romans, elle n'a rien d'exceptionnel, le style y est très, trop familier. Dommage !

Belle lecture !