samedi 30 juillet 2016

Mon avis sur "Un parfum d'herbe coupée" de Nicolas Delesalle

Grand reporter à Télérama, Nicolas Delesalle a publié aux Éditions Préludes son premier roman Un parfum d’herbe coupée, dans lequel le narrateur, Kolia, se souvient de son enfance et de son adolescence. Une somme de petits souvenirs entre nostalgie et humour qui donne au tout, un parfum inoubliable.

Un parfum d'herbe coupée c'est autant d'instantanés de vie de l'enfance de Kolia, ces petits riens qui forment un tout. Ces petits riens que l'on a tous vécus et qui résonneront tout particulièrement aux quadras qui ne manqueront pas de se retrouver sur ces clichés un peu jaunis par le temps mais qui font un bien fou.
La grand-mère de Kolia vient de mourir de vieillesse, comme on dit, son grand-père est très affecté et Kolia ne doute pas que très vite son tout viendra. Alors entamant sa trentième longueur à la piscine entre les gros et les petits culs, Kolia voudrait que son arrière-petite-fille qu'il appelle Anna dont les atomes qui composeront son corps, son cerveau et ses yeux se cachent à la surface de la planète, dans les nuages, les océans, les forêts, dans les molécules d'un saint-nectaire en train d'être affiné en Auvergne, dans l'écaille d'un saumon qui vient de sauter au-dessus d'une petite cascade en Alaska... se souvienne des fragments  d'enfance ordinaire qui ont transformé un jeune garçon ordinaire de banlieue parisienne en un homme ordinaire du XXIème siècle. 

Et c'est parti ! Envoyez les violons, laissez les mouchoirs dans leur boîte,  mais entraînez vos zygomatiques, vous allez vous surprendre à rire de situations que l'on a tous vécues.  
Un parfum d'herbe coupée nous embarque à bord d'une Renault 25 GTS bleu perroquet, avec le chat, le chien, les trois enfants, le père qui fume au volant et la prévention routière qui ne savait pas encore qu'il était vital d'attacher ses ceintures de sécurité ; à la découverte des premiers émois en regardant en crypté le premier samedi du mois le film X sur Canal Plus ; en passant par la découverte des mots et de l'écriture grâce à Boris Vian, puis de la littérature en général, à celle du clip de Thriller en regardant Champs-Élysées sur Antenne 2 ; en partant vivre les aventures de Bob Morane via le walkman Sony que votre mère menaçait de vous confisquer si vous ne débarrassiez pas le lave-vaisselle en passant par la découverte des filles, le tout accompagné du chien de la famille, Raspoutine.  
 
Un parfum d'herbe coupée est rempli de ces petits détails de l’existence qui braquent les projecteurs sur les âges de la vie. Ce roman c'est un peu comme quand on évoque avec nos frères et sœurs nos souvenirs d'enfance avec légèreté et que l'on rit de situations vécues. Un livre universel en somme. Très bien écrit mêlant émotion et humour, ce livre se déguste, se savoure telle une madeleine de Proust. Outre le fait que j'ai l'impression que Nicolas Delesalle a écrit mes souvenirs d'enfance, Un parfum d'herbe coupée m'a évoqué à la fois La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm et Une vie française de Jean-Paul Dubois. Un livre délicieux à découvrir !

Il me reste à remercier les Éditions Le Livre de Poche de m'avoir permis de revivre ces petits riens qui font un tout, qui m'ont fait me souvenir et surtout rire. Merci à vous !

Belle lecture !