dimanche 12 juin 2016

Mon avis sur "Mémé dans les orties" d'Aurélie Valognes

Il est vieux, il est acariâtre, il est détesté de tout son voisinage y compris de sa gardienne qui voudrait maintenant que sa chienne a pris la poudre d'escampette et qu'il est vraiment seul, l'expédier en maison de retraite. Il, c'est qui ? Il, c'est Ferdinand Brun. C'est le personnage central de Mémé dans les orties.
Elle est jeune, elle est diplômée d'une école de commerce, elle a écrit son livre sur un coin de table d'un café milanais, elle n'a pas eu envie de se confronter au milieu de l'édition traditionnelle, alors elle a choisi l'auto-édition et a remis le destin de  son premier roman entre les mains de lecteurs inconnus. Elle, c'est qui ? Elle, c'est Aurélie Valognes, l'auteure de Mémé dans les orties

Que celui qui n'a jamais eu envie de pousser son voisin octogénaire, bougon et râleur dans l'escalier me jette la première pierre. Oh, ça ne se fait pas me direz-vous ! Et bien oui, vous avez raison, surtout qu'au fond de toute vieille carcasse, il y un cœur qui bat. Il suffit parfois d'y accéder, pour que soudain tout change.
Ferdinand Brun est un homme de 83 ans, dont la femme est partie un beau matin avec le facteur, elle en avait assez de son ronchon de mari. Quant à sa fille unique, elle a choisi de vivre à Singapour, où elle élève seul son fils. Plus de femme, une fille éloignée, un petit-fils qu'il ne connaît quasiment pas, il ne restait à Ferdinand pour toute compagnie que Daisy, sa dogue allemand, jusqu'au jour où celle-ci le quittera. C'en était trop pour Ferdinand. Il se jettera sous un bus. Malheureusement pour lui (et son voisinage), il s'en sortira avec trois fois rien. C'est qu'il est résistant le vieux ! Ferdinand va alors devoir réintégrer sa petite résidence et se tenir à carreau. Sa fille Marion qui craint pour sa santé l'informe qu'elle lui a dégoté une place dans une maison de retraite. A moins qu'il ne fasse des efforts et prenne soin de lui, il intégrera cet établissement contraint et forcé d'ici quelques semaines. Ferdinand accepte bon gré, mal gré, de soumettre son appartement à l'inspection de sa vigilante gardienne qui devra faire un compte-rendu de la situation à Marion. Madame Suarez est bien trop contente de cette opportunité. Elle va enfin pouvoir se débarrasser de cet enquiquineur et la quiétude va de nouveau régner au sein de la résidence sur laquelle elle veille depuis plus de trente ans. Enfin, ça c'est qu'elle croit. Parce que Ferdinand n'entend pas se laisser faire. Juliette une fillette de dix ans, nouvellement arrivée dans l'immeuble, et Mme Claudel, sa voisine de palier, vont rompre sa solitude et finalement l'aider à voir la vie du bon côté...

Mémé dans les orties est un premier feel-good roman sans prétention qui fait du bien. Il est frais, tout en nous amenant, subtilement, à poser un autre regard sur les séniors. Aurélie Valognes nous sensibilise à leur solitude, leurs problèmes, leurs désirs, leurs manies. Son roman est un véritable plaidoyer pour le développement des relations intergénérationnelles. L'écriture est fluide, on prend plaisir à lire et les titres des chapitres constitués de vieilles expressions, sont un régal. Mémé dans les orties m'a fait penser aux romans de Barbara Constantine, à celui de  Fredrik Backman Vieux, râleur et suicidaire : La vie selon Ove, ou encore à L'élégance du hérisson de Muriel Barbery.  
En résumé, Mémé dans les orties donne envie de vieillir, de prendre quelques dizaines d'années en plus, d'aller rejoindre le clan des seniors, de ralentir le rythme, jouer au bridge, draguer les mamies choucroute, bon ok, faut pas pousser quand même... Sérieusement, Mémé dans les orties nous offre un joli moment de lecture et une occasion de poser un regard tendre sur nos ancêtres.

Un grand merci à Babelio de m'avoir sélectionnée pour cette nouvelle masse critique, sans oublier les Éditions du Livre de Poche

Belle lecture !