vendredi 4 septembre 2015

Mon avis sur "Les papillons rêvent-ils d'éternité ?" de Sandra Labastie


Ne vous fiez pas à son titre.  Les papillons rêvent-ils d'éternité ?  est loin d'être une roman empreint de légèreté et de poésie, c'est même tout l'inverse. Il  traite de l'extrémisme religieux vu par une enfant. En effet, Sandra Labastie nous propose ici un témoignage très dérangeant d'une fillette de bientôt treize ans qui vit dans un milieu très, très croyant, quasi sectaire.

Les élus de Dieu se préparent à la fin des temps.  Parmi eux, une fillette de presque  treize ans commence à s'interroger. Au gré des saisons, l'auteure nous révèle les réflexions et le questionnement de cette jeune fille sur la foi, sur sa foi. En outre, elle nous décrira comment fonctionne leur communauté, comment ces élus ne parlent que de la fin du monde et du Diable, ce Diable qui se cache notamment dans les masques africains, les oreillers en plume ou encore dans la musique rock (oui, oui vous avez bien lu, c'est bien écrit page 25). Elle nous dévoilera les techniques de prosélytisme employées par eux, ou comment ils excluent de leur cercle tous ceux qui sont différents. Jusqu'au jour où un des leurs, un élu  avouera avoir abusé sexuellement de cette jeune fille. Les parents  de cette dernière remettront alors en cause leur croyance et finiront par quitter cette communauté. 
Mon destin, c'est de succéder à mon père, pas dans le pouvoir car je ne suis qu'une femme, mais dans la soumission. Je devrai être la plus soumise des femmes. Je me dis que c'est peut-être ce qui est arrivé au Diable aussi, l'ange de lumière déchu, le préféré de Dieu, dit la Bible, une sorte d'héritier lui aussi. Il a refusé son destin et il est devenu ce qu'il est, un monstre, parce qu'il voulait être libre. Je pense à toutes ces choses, le soir, quand finalement je m'endors, l'imagination d'un autre destin se faufile en moi sous la forme de cauchemars. (p.98) 

Tout à coup, j'entends comme un bruit de tonnerre, fracassant, effrayant. C'est un mot que je ne veux même pas répéter et que vient de prononcer le pasteur. Il est bien pire que tous les mots de la fornication. C'est en rapport avec mon âge et l'âge de Richard. C'est un mot tellement terrible que je m'évanouis pour de vrai. Enfin. (p. 169)

Alors aussi léger qu'un papillon ce livre ?
Absolument pas. Je l'ai trouvé extrêmement dérangeant. Tout y est malsain, tout y est cliché, à tel point que j'ai eu un mal fou à boucler cette chronique ! Et côté écriture, rien de transcendant. C'est même très naïf, forcément, ce livre est écrit comme si c'était cette fillette qui nous livrait ses réflexions et son expérience.
 
Une fois n'est pas coutume, Les papillons rêvent-ils d'éternité ? est un livre que je ne conseillerai pas. Si je l'ai lu c'est uniquement pour honorer mon contrat avec le Livre de Poche, étant membre du jury du Prix des lecteurs.

A vous, je vous souhaite de bonnes (autres) lectures !