vendredi 5 juin 2015

En Mai fait ce qu'il te plaît...

Vous connaissez le proverbe, en Mai fait ce qu'il te plaît... Et bien je vais me l'appliquer s'agissant du vote que je suis censée exprimer dans le cadre du Prix des lecteurs du Livre de Poche.

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uatre
livres, une réelle déception quant à la sélection du mois de Mai. Dès lors, pourquoi devrai-je vraiment voter ?
 

Le mois dernier déjà la sélection ne m'avait pas franchement emballée. Cependant, n'étant pas une adepte de l'abstention, j'avais mis un point d'honneur à m'exprimer. Ce mois-ci considérant qu'en Mai je peux faire ce qu'il me plaît, je vais m'abstenir. Et j'assume.  

En effet, je considère qu'aucune des propositions ne peut prétendre à un quelconque prix littéraire. Pour mémoire, les romans soumis au vote du jury en Mai étaient :
  1. "Le sourire des femmes" de Nicolas Barreau
  2. "L'empereur, c'est moi" d'Hugo Horiot 
  3. "Chronique de la débrouille" de Titiou Lecoq
  4. "Conte d'hiver" de Mark Helprin

Bien que sympathique et agréable à lire, "Le  sourire des femmes" est une comédie romantique à réserver pour la plage. Rien de transcendant côté écriture. C'est une gentille bluette qui m'a fait l'effet d'une cerise bien mûre en bouche. Rondement menée, l'histoire est agréable, douce, sucrée, elle se dévore en une bouchée mais une fois avalée, il n'en reste pas grand chose. Non, ce livre n'a rien d'un prix littéraire.

« L’empereur c’est moi » est l’autoportrait de Hugo Horiot ancien autiste Asperger. L'auteur raconte ce qu'il a vécu enfant. Il nous permet d'entrer dans sa tête, nous explique l'autisme et comment peu à peu il a voulu et réussi à s'en sortir. Ce livre est un joli témoignage, sensible et poignant sans jamais être larmoyant. Intelligemment écrit, souvent très drôle, c'est un véritable hymne à la vie. Bien que très agréable à lire, en dépit de la gravité du sujet, ce livre n'a, de mon point de vue, rien d'un prix littéraire.

"Chroniques de la débrouille" est l'histoire romancée et adaptée du blog de Titiou Lecoq. Elle y raconte sans ambages le quotidien de la génération Y et finalement de toutes les générations. Sympathique, frais et léger comme une brise d'été, voilà ce qu'est "Chroniques de la débrouille". En aucun cas, un prix littéraire.

Quant à "Conte d'hiver" de Mark Helprin un pavé de 999 pages qui m'est très vite tombé des mains. Il est évidemment inenvisageable de voter pour un livre que je n'ai pas réussi à lire. Ce serait malhonnête de ma part.

Vous l'aurez compris,  la sélection du mois de Mai du Livre de Poche m'a déçue. Alors pour manifester mon mécontentement, et notamment parce que le mois dernier j'ai ressenti ce même sentiment, je ne voterai pas. N'en déplaise à l'éditeur. 

Il n'en demeure pas moins que je m'interroge quant à la sélection des romans qui nous sont proposés dans le cadre de ce prix. C'est incompréhensible. Peut-être ai-je trop d'attentes ? D'ailleurs, qu'attendre d'un prix littéraire ?
Selon moi, un prix littéraire doit consacrer le talent d'un auteur. Ce talent passe nécessairement par l'art d'écrire. Un prix quel qu'il soit ne doit pas se réduire à une simple compétition éditoriale même s'il est vrai qu'au vu des enjeux économiques, chaque maison d'édition a créé son prix littéraire tantôt à l'automne, tantôt en début d'année. On peut être pour, on peut être contre la culture de masse et sa vulgarisation, il n'empêche que cette mutation a quelque peu désacralisé les prix littéraires. Autrefois exclusivement attribués par  les académiciens, se sont maintenant des lycéens, des professionnels, des lecteurs qui sont appelés à les décerner.
Quoi qu'il en soit, mon propos n'est pas de remettre en cause les jurys populaires, mais ce qu'il leur est proposé. Quelles nourritures terrestres nous propose t-on ? Comment sont sélectionnés les livres qui sont soumis au vote des jurés ? 

Ce ne sont pas ceux qui sont appelés à se prononcer qu'il faut fustiger, mais bien ceux qui sélectionnent les ouvrages. J'ai regardé avec attention le règlement du Prix des lecteurs du Livre de Poche, rien n'est précisé sur ce point. C'est regrettable. Nous avons été quelques uns à manifester notre étonnement quant à la sélection des mois d'Avril et Mai. Alors si en passant on peut nous dévoiler les méandres de la sélection des œuvres littéraires dans le cadre de ce type de compétition, je suis preneuse.
Et si par hasard un éditeur me lit, qu'il n'hésite pas à me contacter, je serai ravie d'échanger avec lui.


Heureusement, Juin a déjà débuté et avec lui quatre nouveaux romans nous ont été livrés, pourvu que ma déception ne soit plus qu'un mauvais souvenir...

Bonne lecture !